• All-Star Western: Guns and Gotham

     Gotham City, fin du XIXème siècle. Une série de meurtres sur des prostituées amène Jonah Hex à rencontrer Amadeus Arkham pour traquer le tueur. Bien vite, nos deux compères vont faire face à un véritable complot au sein même de la ville…

     

    All-Star_Western_Vol_3_1

    Intégrée au relaunch des New 52, c’est le duo historique Jimmy Palmiotti/Justin Gray qui reprend la série. En effet, avant d’être massacré au cinéma, Jonah Hex était un personnage de comics. Crée par John Albano et Tony DeZuniga, le bonhomme est un modèle de masculinité : chasseur de prime, gueule cassée, épave vivante de la guerre de sécession, solide buveur,  bagarreur  hors pair…
    Il est l’opposé d’Amadeus Arkham, homme de science excentrique et peureux qui préfère éviter les ennuis.

     Un duo opposé, très télévisuel en somme. La brute et le savant (un peu fou). Sur fond d’enquête criminelle, le récit mêle western traditionnel (avec son quota de bagarres de saloon et de fusillade) avec  l’esthétique steampunk d’une ville qui se lance de pleins pieds dans la révolution industrielle.  Des rues sales et malfamées du bas-fond de la cité aux égouts, on découvre Gotham City sous un aspect encore peu traité (néanmoins abordé plus en profondeur par Scott Snyder avec sa mini-série Gates of Gotham, et rapidement évoqué dans la série Batman actuelle). Sans révéler le déroulement de l’intrigue, sachez tout de même que le deuxième volume s’appelle « War of Lords and Owls ». La série est donc parfaitement intégrée à la mythologie post-new 52 et au Batverse, et peut tout à fait être abordée comme une préquelle à la série Batman. C’est également l’occasion de croiser quelques grands noms de l’histoire de Gotham City.

    all_star_western_vol01_4
     
    L’histoire est parfaitement menée et très rythmée. Hex n’est pas un homme de discours et laisse parler ses poings à sa place. Au bout de 15 pages, le chasseur de prime à déjà tabassé la moitié d’un bar lors d’une bonne vieille baston qu’il aura lui-même provoquée.

     Visiblement, Gotham City attirait déjà à l’époque  toute la faune de détraqués, voleurs et tueurs qu’on lui connait aujourd’hui, Jonah Hex le premier. Comme le dit si bien Arkham , "There are no ordinary nights in Gotham. […] This night would open the door to one of the most interesting cases of my life. […] It brought me into direct contact with one of the most interesting subjects of human psychology I’d ever encounter”.  C’est donc le terrain de jeux idéal pour le savant, comme en témoignera la création de son célèbre asile. Il se trouve en plus être le narrateur de l’histoire, et les auteurs proposent par son intermédiaire une analyse plutôt fine et passionnante de Jonah Hex (Arkham allant jusqu’à faire une petite remarque qui ouvrirait la voie à Freud, pour mon plus grand plaisir). De ce fait, la série est accessible aux nouveaux lecteurs ne connaissant rien à rien sur le chasseur de prime.  Au final, ce duo de personnages antagonistes permet d’équilibrer parfaitement le récit, entre action et réflexion .

    Pour accompagner tout ça, rien de tel que les planches de Moritat (qu’on a pu voir récemment sur Elephantmen chez Delcourt). Un dessin loin des standards mainstream, qui ne plaira pas à tout monde mais qui sert parfaitement l’histoire, a la fois grossier, sale et  violent. Il en est de même pour les couleurs, majoritairement dans les teintes de gris et d’orange. Moritat accorde néanmoins une place importante aux décors auxquels il apporte un soin tout particulier. Il s’en dégage une réelle atmosphère du récit, presque intimiste et personnelle. Un dessin qu’on pourrait tout à fait comparer, dans l’esprit,  au travail de Travel Foreman sur la série Animal Man (de Jeff Lemire).

    Il convient également de faire un rapide point sur les back-up, ces histoires de quelques pages publiées à la fin des numéros dans le style des anthologies qu’on trouvait dans les comics de western et d’horreur. La première nous présente El Diablo, un autre personnage de comic des années 70 dans une histoire de zombies à la sauce far-west. La deuxième voit la création d’un personnage original imaginé par les deux auteurs, « The barbary ghost ». Le récit aborde ses origines, une histoire de vengeance dans la plus pure tradition western, très plaisant à découvrir.Ces deux histoires courtes sont très sympathiques à lire, bien rythmées et apportent un peu plus de contenu à un TPB déjà bien fourni.

    Vous l’aurez compris, All-Star Western est un véritable coup de cœur pour moi. Le TPB reprend les numéros #1 à 6 de la série. On regrettera qu’il reste inédit en VF et accessible uniquement aux lecteurs de VO. Ce premier volume est néanmoins disponible sur les sites de ventes habituels pour un prix ne dépassant pas la douzaine d’euros, frais de port compris. Si vous êtes intéressé de près ou de loin par l’histoire de Gotham, par Jonah Hex, Amadeus Arkham ou tout simplement par un bon comic de western, je ne peux que vous conseiller cette série. Sans aucun doute un des grands gagnants des new-52 pour moi (peut-être même ma série préférée du relaunch). N’hésitez pas à vous lancer, sachant que le deuxième volume est déjà sortit et fait encore plus de liens avec la série Batman. 

    DevilPoulet

     

    all_star_western_vol01_2

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :