• Hellblazer : Dark Entries

     

     

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    L'avènement de la nouvelle saison de « Secret Story » vous effraie chaque été ? Le niveau des dialogues d'un épisode des « Marseillais » vous consterne, et vous rêvez de mettre des mandales à Kamel de « Hollywood Girls » ? Ça tombe bien. John Constantine, le magicien de la classe populaire, est comme vous et a l'occasion de régler son contentieux avec la télé réalité dans le graphic novel Dark Entries, publié sous le label Crime de Vertigo en 2009, et dont le pitch de départ évoque une réécriture du principe éculé de la maison hantée : Constantine, détective du paranormal à ses heures, en grosses difficultés financières, est approché par Matthew Keene, un fameux producteur d'émissions de télé réalité à succès, qui lui offre une somme d'argent importante dans le but d'enquêter sur des phénomènes inexplicables survenant sur le plateau de la nouvelle émission Dark Entries, où de jeunes candidats sont enfermés dans une maison hantée.

    On retrouve donc au scénario une personnalité littéraire bien connue, Ian Rankin, dont c'est toutefois le premier essai dans le domaine du comics. Dans cette bande dessinée que l'on peut qualifier de huis clos, la narration se découpe, outre la mise en place initiale, en deux parties qui diffèrent dans l'appréciation de la situation par les personnages (on n'en dira pas plus pour éviter le spoil). Le comic se lit agréablement du fait d'une certaine cohérence des dialogues et d'un dosage satisfaisant du suspens, bien que la formation de romancier de l'auteur se ressente dans le style somme toute inhabituel de l'écriture. L'histoire est globalement bonne sans être excellente, mais bien servie par un twist central que les plus fervents admirateurs du magicien anglais décèleront tout de même probablement, ainsi que par de classiques mais pas inintéressants flashbacks.

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    Pour la partie graphique, on retrouve l'artiste italien Werther Dell'Edera, dont le trait constitue probablement le plus gros obstacle à l'appréciation du titre pour certains lecteurs. En effet, Dark Entries est illustré en noir et blanc avec un style très dépouillé : arrières fonds blancs, visages anguleux, peu de décors (principalement dans la première partie). Malgré tout, ce trait et cette absence de couleurs contribuent tout deux à renforcer l'aspect oppressant de la maison et opèrent un resserrement autour des personnages, notamment lorsqu'ils se groupent, tout à fait intéressant. Le character design de John est, lui aussi, conventionnel, mais après tout n'est ce pas là une bonne chose ? Comme tous les ouvrages de la collection Crime, ce graphic novel comporte une belle couverture de Lee Bermejo dans un style « peinture », assez traditionnelle pour le personnage puisqu'on retrouve des symboles comme la tête de mort, la cigarette et l'imperméable sous la pluie. Enfin, il est intéressant de noter la rupture esthétique entre la partie pré- et la partie post-twist : les pages de la première sont blanches tandis que celles de la seconde sont noires, un moyen original et intéressant d'imprimer les livres.

    Dark Entries constitue donc un album de Hellblazer efficace, qui ne saurait prétendre au titre de meilleure saga du personnage mais qui plaira tout de même aussi bien aux habitués du magicien qui retrouveront une bonne histoire de leur héros favori, qu'aux néophytes qui apprécieront cette introduction dans le domaine de la magie de Constantine sans avoir besoin de pré-requis, à condition de supporter le dépouillement du style graphique.

    Simon

     

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    Dark Entries est trouvable en tpb VF, ou en tpb et HC en VO pour un prix allant d'une douzaine d'euros pour le tpb VO à une quinzaine pour les deux autres format.


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